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Mister Renaud

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Gastibelza

Cette reprise met en valeur le goût de Renaud pour les récits tragiques et romanesques. Le texte, adapté par Brassens d'un poème de Victor Hugo, raconte l'histoire de Gastibelza, un homme que l'amour a rendu fou après que sa bien-aimée Sabine l'a quitté pour un comte. L'interprétation de Renaud apporte une intensité dramatique à cette ballade espagnole. Sa voix, parfaitement maîtrisée, exprime la descente dans la folie du personnage, tandis que le refrain "Le vent qui vient à travers la montagne me rendra fou" prend une dimension obsessionnelle. À travers cette reprise exigeante, Renaud démontre sa capacité à incarner des personnages complexes et à porter des textes d'une grande richesse poétique.

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Paroles

Gastibelza, l'homme à la carabine,
chantait ainsi :
"Quelqu'un a-t-il connu doña Sabine ?
Quelqu'un d'ici ?
Chantez, dansez, villageois ! La nuit gagne
le mont Falu...
Le vent qui vient à travers la montagne
mMe rendra fou."

"Quelqu'un de vous a-t-il connu Sabine,
Ma señora ?
Sa mère était la vieille maugrabine
d'Antequera
qui chaque nuit criait dans la tour Magne

comme un hibou...
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou."
"Vraiment, la reine eût, près d'elle, été laide
quand, vers le soir,
elle passait sur le pont de Tolède
en corset noir.
Un chapelet du temps de Charlemagne
ornait son cou...
Le vent qui vient à travers la montagne
me rendra fou."

Le roi disait, en la voyant si belle,
à son neveu :
"Pour un baiser, pour un sourire d'elle,
pour un cheveu,

infant don Ruy, je donnerais l'Espagne
et le Pérou !
Le vent qui vient à travers la montagne
me rendra fou."

"Je ne sais pas si j'aimais cette dame,
mais je sais bien
que, pour avoir un regard de son âme,
moi, pauvre chien,
j'aurais gaîment passé dix ans au bagne
sous les verrous...
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou."

"Quand je voyais cette enfant, moi le pâtre
De ce canton,
Je croyais voir la belle Cléopâtre,
Qui, nous dit-on,

menait César, empereur d'Allemagne,
par le licou...
Le vent qui vient à travers la montagne
me rendra fou."

"Dansez, chantez, villageois, la nuit tombe
Sabine, un jour,
a tout vendu, sa beauté de colombe,
tout son amour,
pour l'anneau d'or du comte de Sardagne,
pour un bijou...
Le vent qui vient à travers la montagne
m'a rendu fou."

Album d'origine

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