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Mister Renaud

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Manhattan-Kaboul

Cette chanson, écrite peu après les attentats du 11 septembre 2001 et l'intervention américaine en Afghanistan, constitue l'une des réflexions les plus profondes de Renaud sur la violence contemporaine. Le duo avec Axelle Red permet d'incarner deux voix - celle d'un Américain victime du terrorisme et celle d'une Afghane victime des bombardements - soulignant l'universalité de la souffrance humaine au-delà des clivages géopolitiques. Le texte évite le manichéisme pour privilégier l'empathie envers toutes les victimes civiles. La musique, sobre et mélancolique, sert parfaitement ce message de paix. À travers ce parallélisme audacieux, Renaud développe une critique de la violence, qu'elle soit terroriste ou militaire, et rappelle notre commune humanité.

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Paroles

Petit Portoricain
bien intégré, quasiment New-Yorkais,
dans mon building tout de verre et d’acier
je prends mon job, un rail de coke, un café.

Petite fille Afghane
de l’autre côté de la terre,
jamais entendu parler de Manhattan,
mon quotidien c’est la misère et la guerre.

Deux étrangers au bout du monde, si différents,
deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant
pulvérisés sur l’autel
de la violence éternelle.

Un 747
s’est explosé dans mes fenêtres.
Mon ciel si bleu est devenu orage
lorsque les bombes ont rasé mon village

Deux étrangers au bout du monde, si différents,
deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant
pulvérisés sur l’autel
de la violence éternelle.

So long ! Adieu mon rêve américain,
moi plus jamais esclave des chiens.
Ils t’imposaient l’Islam des tyrans,
ceux-là ont-ils jamais lu le Coran ?

Suis redev’nu poussière,
je s’rai pas maître de l’univers.
Ce pays que j’aimais tell’ment serait-il
finalement colosse aux pieds d’argile ?

Les dieux, les religions,
les guerres de civilisation,
les armes, les drapeaux, les patries, les nations
f’ront toujours de nous de la chair à canon.

Deux étrangers au bout du monde, si différents,
deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant
pulvérisés sur l’autel
de la violence éternelle.

Deux étrangers au bout du monde, si différents,
deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant
pulvérisés sur l’autel
de la violence éternelle.

Album d'origine

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